La Plume d\'Ys

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La chaîne du livre

 

La chaîne du livre :

notions indispensables

 

 

  

L'auteur, en tant que créateur du texte, se situe à l'amont de la chaîne du livre. A priori, il semblerait logique que sa participation à l'élaboration de l'objet livre se limite à cet acte de création, laissant la mise en forme, l'édition, la commercialisation aux autres acteurs de la chaîne du livre. Cependant l'auteur doit aussi s'adapter aux évolutions considérables qui touchent désormais l'économie du livre : il ne peut faire certains choix qu'après avoir bien compris les conséquences induites pour lui et pour son œuvre, que ce soit pour ses droits d'auteur, les licences de diffusion de son ouvrage, etc.

 

Les différentes étapes de la chaîne du livre :

 

Vous trouverez certainement des ouvrages très compétents et très complets sur la chaîne du livre ou des articles sur le Net s'y rapportant. Il ne s'agit pas ici de vous faire un cours théorique sur ce sujet. Ce que vous devez retenir en tant qu'auteur, ce sont les différentes étapes auxquelles sera soumis votre tapuscrit si vous tentez l'aventure de l'édition.

 

ATTENTION  : les différentes informations que je vous donne ici, s'appliquent avant tout au circuit traditionnel du livre. Pour l'édition sur le Net, le livre numérique, si ces différentes étapes restent quand même des constantes, leurs applications, leurs fonctionnements diffèrent sensiblement. Quand vous aurez bien compris l'édition traditionnelle, vous pourrez appréhender plus facilement le reste. Un ou plusieurs articles seront spécialisés dans ces nouveaux modes de communication afin que vous puissiez, toujours en tant qu'auteur, vous positionner et vous interroger sur l'appropriation éventuelle de ces (nouveaux) outils pour votre projet personnel.

 

Il est habituel de présenter la chaîne du livre en trois parties :

 

  • La création de l'œuvre : c'est nous, les auteurs ! Il peut y avoir un auteur unique mais aussi plusieurs auteurs qui travaillent en collaboration, ce qui est le cas des anthologies par exemple. Pour les travaux scientifiques sur un thème particulier regroupant des textes de spécialistes, on parlera plutôt de contribution. Dans ce cas, il est conseillé de désigner un « directeur » qui centralise et joue le coordinateur entre les différents auteurs. En général, c'est cette personne qui présente l'ensemble de l'ouvrage dans une préface, et que l'on cite pour identifier l'ouvrage.

 

Exemple d'un livre hypothétique : « L'impact de l'effet de serre sur les climats » sous la direction du professeur Machin Truc (Contributions de Monsieur Tournesol, Directeur d'Alerte Météo, de Madame Jesaistout, Doctorante,  etc…)

 

  • La production : et voilà que commence la galère…

 

Le rêve de tout auteur est de pouvoir trouver un éditeur (à compte d'éditeur, mais on verra ça un peu plus tard…). Ainsi, pour l'ouvrage édité, l'auteur cède à la maison d'édition ses droits d'exploitation. À charge ensuite pour la maison d'édition de diffuser l'œuvre (et là, il y aura beaucoup de choses à dire…) Si vous trouvez une maison d'édition pour votre ouvrage, vous devrez signer un contrat. Il faudra être particulièrement attentif à ce que vous signez. Plus que jamais, la prudence est de mise… J'essayerai de vous mettre en ligne l'exemple d'un contrat usuel et de vous en expliquer les principales clauses et les principaux écueils que ces dernières peuvent impliquer. Signer oui, mais en sachant bien à quoi vous vous engagez !

 

  • La commercialisation

 

Le livre une fois réalisé, il va falloir le vendre. Comme tout produit commercial, le livre a un prix de vente. En France, la loi Lang a été adoptée en 1981. Elle a mis en place le fameux prix unique du livre. C'est l'éditeur qui doit fixer le prix du livre en le marquant normalement au dos (la quatrième de couverture) de chaque ouvrage. Les points de vente doivent respecter le prix affiché. Il est cependant permis une remise de 5 % pour le particulier soit directement en caisse soit par l'intermédiaire de cartes de fidélité. Pour les collectivités, cette réduction monte jusqu'à 9 %

 

C'est vrai que l'on peut grogner face aux montants de ces réductions qui paraissent peu attractives. Mais, dans l'ensemble, les spécialistes du monde du livre s'accordent à dire que la loi Lang a eu des effets bénéfiques, notamment le maintien d'un tissu de librairies indépendantes et un prix raisonnable du livre.

 

Les acteurs les plus importants de la commercialisation du livre sont le distributeur et le libraire (indépendant), et certains points de vente que l'on a bien du mal à cerner : les grandes surfaces, la Fnac, Forum, qui vendent bien des produits culturels mais qui ne remplissent pas (du moins pour moi) les véritables fonctions du métier de libraire.

 

Les distributeurs :

 

Ils assurent grâce à leurs moyens logistiques, l'accès du livre au marché. Sans eux, pas de livre dans les différents points de vente. La distribution est fortement critiquée, notamment par les petits éditeurs car, par le rôle déterminant qu'elle tient dans la chaîne du livre, elle impose normes et pratiques qui sont avant tout à son avantage aux dépens de la création éditoriale. Le principal reproche des maisons d'édition aux distributeurs est leur propension à privilégier les ventes massives et les grandes maisons d'édition au détriment des petits éditeurs et par ricochet au détriment de leurs jeunes auteurs. Effectivement, la majorité des auteurs débutants sont édités au mieux par des petits éditeurs voire des micro-éditeurs, sauf exception qui confirme toujours la règle.

 

Si vous possédez une arme ou tout simplement un gourdin, vous pouvez d'ores et déjà vous dire que vous serez tenté un jour ou l'autre dans votre parcours d'auteur de vous en servir quand on parle d'eux…

 

En fait, la distribution est sans doute le maillon le plus « industrialisé » du système.

 

Je sens qu'un article ne serait pas de trop, dédié uniquement aux enjeux de la distribution.

 

  • Le lectorat

 

Enfin, sur un plan personnel, je rajoute un dernier acteur à cette chaîne du livre : le lecteur. L'auteur doit s'inquiéter rapidement de son lectorat en essayant de le rencontrer et d'échanger avec lui, notamment par l'intermédiaire des salons. Personnellement là encore, je trouve que c'est l'ultime récompense de l'acte d'écrire. L'acte d'écrire à ce stade où l'on a été publié et où nous allons être lus, est le générateur d'une véritable rencontre, un moment rare où nous avons la chance de laisser libre cours à tout ce que nous sommes capables de donner avec humanité.

 

 

Ys

La Plume d'Ys - Sylvie Parthenay

Article sous licence Creative Common by-nc-nd (voir :  "Droit d'utilisation")

 

 

Progression proposée :

Voir l'article " Editer à compte d'éditeur : la voie royale ?"

 



19/03/2008
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