La Plume d\'Ys

La Plume d\'Ys

En attendant Noël...

  EDITORIAL 
DE DECEMBRE 2009
En attendant Noël...
  
 
Le froid arrive, l'ambiance est dure en cette fin d'année, 
Alors cocoonons.. ensemble, sur la Plume d'Ys bien sûr...
    
 
AU SOMMAIRE
  • L'humeur du temps
  • Je ne jeterai pas la première pierre
  • Les mondes parallèles
  • Les pauvres types ne sont pas ceux qu'on croit...
 
L'HUMEUR DU TEMPS
 
 

Les jours ont bien raccourci, annonçant le solstice du 21. Après, l'on pourra sans doute se consoler des longues nuits en se disant que le plus dur est fait et que désormais, le cycle de la lumière reprend sa course positivement à une ou deux minutes par jour en plus. Après un automne très doux, la chute des températures des premières gelées s'est faite brutalement.

 

C'est sûr, voici l'hiver et c'est encore une année qui tire vers sa fin sans que nous puissions dire que notre quotidien s'améliore, que nous voyons le bout du tunnel et qu'enfin, nous ayons de véritables perspectives d'avenir.

 

 

 

La bise est sans concession et c'est avec raison qu'elle souffle et raidit les doigts, gèle les nez, rougit les pommettes. Ce n'est pas de sa faute, à la bise, si elle gèle aussi les sans-abri couchés à même le sol, si des familles entières renoncent à se chauffer parce que trop cher, si les queues s'allongent aux épiceries sociales...

Ce n'est pas la faute à la bise. Non. Ni même la faute à l'humanité, capable du pire comme du meilleur. Juste la faute à quelques-uns, comparativement au nombre total d'humains dans le monde, qui avalent tout, gardent tout, bouzillent tout, méprisent tout.

 

C'est l'humeur de tous les temps, parce que justement nous portons tous en nous cette parcelle du pire, comme cette parcelle du meilleur depuis l'aube de l'humanité et qu'il nous appartient de choisir l'une ou l'autre, selon ce que l'on aura décidé de faire de sa vie, selon ce que l'on voudra se souvenir comme bilan de nos vies quand viendra l'heure de mourir, seul face à soi-même...

 

 
JE NE JETERAI PAS LA PREMIERE PIERRE

 

 

Je sais bien qu'au cours de mes tribunes libres que vous me faites la gentillesse de partager, l'on pourrait croire que je vous fais la leçon. Bon, je ne suis pas trop vieille mais je ne suis plus toute jeune non plus, alors j'ai été éduquée avec des leçons de choses et j'ai tendance à reproduire ce que j'ai appris, faut pas m'en vouloir... C'est plutôt un grand sentiment de révolte qui anime mes neurones depuis que mon cerveau est en âge de comprendre autre chose que des histoires de bisounours.

 

Curieusement, ma première révolte dont je me souviens vraiment, c'est à l'âge de six ans, quand mon père a voulu cogner notre chienne Judy, une "berger allemand approximative" qui baissait sa tête, plissait ses yeux en attendant le coup de poing : je me suis mise devant mon père, entre lui et la chienne. J'ai regardé mon géniteur droit dans les yeux, affichant le calme professionnel de Léon (vous savez le film..), sans une larme, sans peur, et je lui ai dit : "Je t'interdis de frapper mon chien !".

Je me souviendrais toujours du bras levé haut qui devait s'abattre sur la pauvre bête ou sur ma tête (Envoyez un SMS : Tapez 1 pour Judy - Tapez 2 pour la gamine !). Ce bras là est resté suspendu dans l'air, le regard figé hurlant l'affolement de mon père comme si soudain il avait vu le Diable. Le chien et la gamine s'en sont sortis indemnes. Ce jour-là, mon père s'est souvenu qu'il avait eu une enfant 6 ans auparavant, que cette enfant-là se retrouvait subitement devant lui et qu'elle le détestait. Il avait tort, je ne le détestais pas. C'était pire, j'avais fait mon deuil. Pour moi, je n'avais pas eu de père et cet homme-là ne représentait qu'un agresseur contre lequel il fallait se défendre s'il empiètait mon territoire, à savoir attenter à mon bien le plus précieux : Judy.

 

 

J'ai en effet la particularité d'être une enfant sauvage ayant vécu pourtant au sein d'une famille dont j'étais la huitième et dernière progéniture. Pas de maltraitance pourtant au sens TF1 du terme. Juste un oubli dès que je suis née. Le meilleur cadeau pour mes parents ? Celui d'avoir été  transparente et d'avoir renoncé à mon droit d'exister en tant qu'enfant. Alors j'apparaissais uniquement aux repas, quand j'étais malade je fermais ma gueule, j'étais une excellente élève pour ne pas faire de vague, je restais de longues heures dehors et je revenais le soir quand ma mère allumait la lanterne du perron. Nous rentrions alors, Judy, les chats, et moi-même et nous rejoignions alors nos gamelles respectives.

 

Aussi, mon éducation aux valeurs morales s'est faite au travers de mes lectures, à l'école aussi, cette école républicaine et laïque. Il a fallu faire sans doute un jour, ce fameux choix, celui de suivre la parcelle du pire ou celle du meilleure. Ma mémoire a officialisé ce choix par ma deuxième révolte, cette fois-ci contre le monde, lorsque j'étais en sixième. Je me suis trouvée confrontée alors à des photos de la terrible famine au Sahel, et cela a suscité en moi une terrible émotion. Cette émotion je me la permettais en compassion pour le malheur des autres, puisque moi je n'y avais pas droit par ma non-vie d'enfant. Ce jour-là, j'ai su qu'il y avait un choix, et qu'il fallait savoir dans quelle direction j'orienterais ma vie. Alors j'ai protégé, j'ai aidé, parfois mal, parfois bien, j'ai étudié, et j'ai fait de ma non-existence quelque chose qui survit malgré tout, un être différent que beaucoup n'arrivaient - et n'arrivent toujours pas - à cerner.

 

C'est pour cela que je ne jeterai jamais la première pierre car j'aurais pu, ce jour-là, choisir la facilité, m'abandonner à moi-même et devenir une ado bouffée par son mal-être, céder à la drogue, au vol, au meurtre, ou me flinguer. C'est pour cela aussi qu'il ne faut pas trop m'en vouloir, si je vous fais parfois "la morale". Je ne voudrais simplement pas que vous tombiez dans la négation de vous-même, car  je sais tant combien il est dur de vivre, de s'assumer et d'avoir le courage du quotidien.

 

 

Et si on se réchauffait ? 

 

 

LES MONDES PARALLELES
 

 

Alors voilà l'année 2009 qui se termine comme elle peut. Elle me fait penser aux serpentins des réfugiés sur les routes, pour une guerre, pour un accident climatique, ou pour autre chose. De ces âmes hagardes pour qui l'avenir est désormais l'incertitude, si ce n'est l'incertitude de leur propre présent, du moins l'incertitude qui guette leur enfant. Les certitudes quant à elles, se font la malle doucement, l'air de rien : celle de se dire qu'avec des diplômes les enfants progresseraient dans une couche sociale supérieure à celle de leurs aînés, celle de se dire que nos cotisations nous permettraient de vivre une retraite décente bien méritée, celle de croire que, quelque soit nos maladies, nous serions toujours soignés au mieux... et tant d'autres...

 

L'avenir pour la majorité des Français, c'est le smic en début comme en fin de carrière, la retraite qui se profile à ...68 ans à moins de 500 euros par mois. Une des manifestations typiques de cette crise en l'avenir, c'est le mouvement des jeunes Grecs, appelés la génération des 700 euros car ils n'ont pour perspective professionnelle que des stages qui s'allongent, payés une obole comme d'ailleurs la plupart des débuts de carrières sans issue y compris les métiers à haute qualification (bac + 5). Si cela touchait seulement la jeunesse grecque, cela me consolerait un tout petit peu. Mais c'est un phénomène général.

 

Les frontières s'effacent pour des clivages plus pernicieux encore : la ghettoïsation des populations pauvres, et tout le reste pour une poignée : la majeure partie du patrimoine, les meilleures places, un réseau de priviligiés qui ne savent même plus passer par la case départ, ni risquer la prison tant ils sont protégés par leur impunité et leur auto-amnistie. La progéniture sortie de la cuisse de Jupiter, avec un QI à coup sûr einsteinien, ne saurait crotter et faire pipi comme les enfants du bas peuple.

 

La petite diarrhée sympathique du nouveau-né du XVIe arrondissement de Paris est déjà sans doute mûrement réfléchie, maîtrisée au niveau des sphincters par des compétences de management hors normes tandis que, déjà se profile dans le rot de l'enfant prodige, l'impérieuse évidence qu'il sera le maître, tandis que les autres bambins seront exclaves. Mis sur les rails bien sûr, dès la couche-culotte dans les meilleures maternelles, les meilleurs lycées, les meilleures universités... la foire à la tombola dans ce milieu offre chaque ticket gagnant sans que l'on ait eu même à l'acheter. Cest une tradition solidement ancrée chez les élites républicaines et économiques depuis longtemps.

 

Si vous voyez une allusion à un certain fils à papa, vous pouvez. Ce fils à papa d'ailleurs n'est pas l'exception. Simplement pour ce cas précis, l'énormité de l'auto-proclamation, de la suffisance à ce point indécente d'une croyance en des capacités quasi divines qu'elle confine à l'idée d'Elus de Dieu, n'a pu passer incognito dans les médias, même à TFI, sinon pour enfler encore,  si cela était possible, le ridicule des arguments cherchant à convaincre le peuple qu'il a décidément bien de la chance d'avoir nourri au sein de la mère patrie un futur Néron qui s'ignore encore...

 

 

Garfield a été invîté à l'Elysée.  La famille roya... heuh ...
pardon : la famille "présidentielle" m'a endoctriné ce pauv'chat !!!!
 

Petit à petit les deux mondes s'éloignent, les fractures s'opèrent : ceux qui habitent ici, mangent dans les restos chics, "shoppingent" dans les boutiques où le paillasson est plus cher que la totalité de ma garde-robe, dansent, sniffent, copulent, s'ennuient ensemble ou travaillent dans un super bureau parcequ'ils sont supercadres, super dirigeants . Il y a ceux qui habitent là-bas, enfin quand ils ont "la chance" d'avoir un logement, ceux qui vont au Lidl, ceux qui n'ont pas de travail, ceux qui subissent la violence des gangs ou, dans le meilleur cas, ceux qui, après deux heures de train de banlieue, se font engueuler au nom de la compétitivité en face de celui qui vit selon son bon vouloir et ses envies, bien à l'abri derrière son bureau.

 

La rupture est consommée, la classe moyenne en a fini de jouer au mirage de l'ascension sociale. Les modèles socio-économiques se radicalisent, se simplifient. On revient quelque part aux mécanismes de l'Ancien Régime : une caste de privilégiés où le droit et l'avantage de la naissance (à l'époque la noblesse) reprennent étrangement leur primauté et le Tiers Etat (les pauvres d'aujourd'hui) qui subit et ne justifie son droit à vivre que dans la mesure où il sert la caste supérieure.

 

 

LES PAUVRES TYPES NE SONT PAS CEUX 
QUE L'ON CROIT
 

Parfois, je pose la question autour de moi : "Quel est votre sentiment, votre place dans notre société ?" et souvent cette réponse revient : nous sommes les pauvres types, on bosse, on rame, on n'a rien en retour, nous n'existons pas. A la télé, on nous décrit une société à laquelle nous ne pouvons pas ou plus participer.

 

La publicité pour consommer ? mais nous n'avons pas d'argent pour consommer.  

 

La vie rêvée de ceux qui ont du talent, des parents connus ? mais nous n'avons aucun moyen d'avoir du talent, ni l'éducation pour.

 

La beauté parfaite des photos trafiquée et retouchée ? mais nous sommes laids et gros (l'obésité touche surtout les classes sociales défavorisées), et nous n'avons même pas de quoi nous soigner.

 

Préparer une cuisine délicieuse et raffinée, diétique et bio ? mais nous n'avons que de quoi payer les premiers prix, du jambon bourré d'eau sucrée, des sauces tomates aux matières grasses hydrogénées ou trans, à l'amidon de maïs transformé (OGM).

 

Nous sommes effacés des statistiques, on ne parle pas de nous, nous n'existons pas ou si peu médiatiquement parlant sauf quand il s'agit de donner à jouer sporadiquement au bon samaritain à des Denizot, des Chazal, un ministre en passant, un artiste venu faire sa promo... Nous disparaissons de la société française, nous sommes les étrangers en notre propre terre...

 

Alors je vous le dis, surtout à vous les plus jeunes qui croyez que la société ce n'est que ce fatras, n'est que la somme de ces images... Nos anciens avaient d'autres valeurs. Ils étaient bien pauvres aussi pour la plupart d'entre eux, mais eux admiraient le beau travail de l'artisan et le sens artistique d'un escalier tournant tout entier sculpté de bois. Pour eux, être un homme digne de ce nom c'était celui qui avait le courage quotidien de nourrir sa famille, un homme honnête vis-à-vis de lui-même comme vis-à-vis de son voisin. Malgré la misère et la dureté de vie, l'homme bien était celui qui mettait un couvert pour l'étranger, on se serrait les coudes, on avait le sens de l'hospitalité, on se respectait, on avait la solidarité ouvrière, on tenait ses promesses et donner sa parole d'honneur ce n'était pas de la gnognote.

 

On peut être pauvre et être fier. On peut être pauvre et avoir de la grandeur d'âme. Ce sont toutes ces valeurs pour lesquelles vous êtes en droit de dire que vous apportez plus à l'Humanité toute entière en aidant vos proches, en conduisant votre vie avec sagesse que tous ces parasites qui vous sucent le sang.

 

Les pauvres types ne sont pas ceux que l'on croit. Et ceux-là qui ont sans doute la richesse, leur chirurgien esthétique personnel, leur cuvette wc avec petit jet d'eau intégré pour nettoyer leur petit cul anorexique, vous pouvez pourtant leur offrir encore quelque chose : votre pitié.

 

Ayez confiance en vous. Si vous n'avez pas toujours été un enfant de choeur, personne ne vous interdit de changer ! Ce que vous avait été hier ne sera qu'un mauvais souvenir si aujourd'hui, vous décidez que, malgré les malheurs dont on vous frappe, vous avez la richesse de "vos seuls yeux tranquilles" (Poème de Verlaine, Gaspard Hauser chante).

 

En tous cas, c'est sûr, vous êtes déjà quelqu'un de bien puisque vous lisez la Plume pouf, pouf... :)

 

Nous attendrons Noel ensemble, et promis, pour le jour de Noel je ne vous oublierai pas, que vous soyez riche ou pauvre, jeune ou vieux, beau ou laid, intelligent ou QI d'huître, juif, musulman, chrétien, vous êtes tous pour moi, enfants du même Dieu.

 

Pour vous remercier d'avoir lu un éditorial un peu bavard, je vous offre une boule comme vous aimez tant, toujours très kitch et qui enrichira votre collection des plus beaux gifs  du net. C'est que je me décarcasse, moi, pour vous en trouver des beaux. Mais vous le méritez.

 

 
L'hiver, ça ne rigole pas en Franche-Comté...
- 11° C à mon thermomètre.
A glagla... 
 
 
 
LES BONNES RECETTES D'ECRITURE 
DE LA PLUME D'YS
 
 
Quoi ! des sports d'hiver à Courchevel !!!
Garfield nous fait sa crise bling bling
Gosse de riche, va... 

 

Encore un peu de patience, l'article sur les fantômes va bientôt venir hanter la Plume. Du coup, il s'est un peu plus étoffé car j'ai essayé, en dehors d'une simple caractérisation de personnages, de vous faire une sorte de TD pratique sur les techniques d'écriture, à savoir comment on peut, pas à pas, écrire une histoire à partir de ce noyau, ici, un thème sur les fantômes.

 

En effet, certains lecteurs de la Plume, se plaignent de façon récurrente du syndrôme de la page blanche et ont du mal de débuter un travail d'écriture. Pourtant, et l'écriture ne fait pas exception à la règle, ce sont  souvent les premiers pas qui sont les plus durs. Après avoir trouvé le petit bout du fil, la pelote se déroule tranquillement en général.

 

Il y a ceux aussi qui se trouvent en panne en pleine rédaction, alors qu'ils ont déjà pas mal avancé dans leur histoire, ou ceux qui ont du mal d'étoffer leur récit. Je pense qu'il serait bon aussi que j'essaie de vous donner des exemples pour vous aider.

 

L'article sur les  fantômes donc, c'est pour Noël. Ensuite, j'aimerais enfin avoir le courage de finir le gros travail que j'avais commencé il y a déjà quelques mois sur le  dialogue. Il me semble en effet que ce soit le gros morceau manquant des fiches pratiques déjà mises en ligne, pour que vous ayez enfin les techniques primordiales D'écriture d'une bonne histoire. Ensuite vous n'aurez plus d'excuses pour écrire des trucs mal fichus, hein... (gare aux coups de fouet). Quelque part, on pourra admettre que si vous maîtrisez la globalité de mes fiches vous aurez droit au diplôme secondaire des écrivants...  Si vous y tenez je vous ferai un beau papier : avec publisher, on devrait pouvoir rigoler un peu...

 

A très bientôt donc. Si vous entendez un bruit de chaînes qui s'agitent et que l'air devient subitement froid (ben, vu que l'on grelotte dehors, ce sera facile...), surfez vite sur la Plume. Les esprits seront là...

 

Ys

 

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12/12/2009
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