La Plume d\'Ys

La Plume d\'Ys

Editorial du 1er mai 2009

 
 
EDITORIAL DU 1er MAI
 
La corbeille de muguet de la Plume d'Ys est livrée !
 
 

Encore un 1er mai que nous allons fêter ensemble, et pour une fois, le temps météo a eu pitié de nous, il fait superbement beau dans notre nord-est franc-comtois... (une fois n'est pas coutume) et dans toute la France. Le Ciel serait-il du côté des manifestants en cette journée revendicative annuelle et qui prend, plus que jamais, un sens profond dans les coeurs et les âmes brisées des humbles destins de ceux qui n'ont presque rien ou n'auront bientôt plus rien à plus ou moins court terme.

 

De fait, je sens aussi, en même temps que la montée des exaspérations, un sentiment profond d'inutilité qui sourde au regard des manifestations citoyennes et des grèves. Après avoir fait passer les Français pour des grévistes professionnels (et soyons honnêtes, par le passé, certaines grèves se déclenchaient au moindre "pet" de travers et souvent pour des luttes corporatistes dont les retombées ne profitaient qu'à une minorité aux dépens de la majorité des Français. Je pense notamment aux revendications de fonctionnaires qui avaient pour but de préserver des privilèges et uniquement des privilèges. Oui, je sais, cela ne plaît pas à tout le monde que je dise cela...), et exprimer clairement que les grèves n'avaient aucune incidence sur la politique du gouvernement, il ne faut pas s'étonner de cette fameuse radicalisation dont on nous serine les oreilles depuis quelques jours...

 

 

Pourtant les termes de l'opposition citoyenne ont peu à peu muté : je situe cette mutation avec les grèves concernant le CPE (contrat premier emploi) , on peut prendre la mesure d'un tel mouvement : la contestation devenait celle d'une génération, et l'on redécouvrait que notre jeunesse était capable aussi de se fédérer à nouveau pour un combat démocratique, qu'elle n'était pas uniquement celle des casseurs en banlieue.

 Face à la montée d'un système néo-libéraliste poussant à l'extrême les injustices sociales, face aussi à une angoisse sous-jacente d'une mutation sans précédent de l'économie mondiale et des enjeux écologiques à juste titre particulièrement préoccupants, le peuple français s'exprime comme il peut, même si les autorités lui font clairement comprendre que pour eux, c'est comme au Guignol. Les "guignols" durcissent alors les actions. Faut-il s'en étonner ? C'est la suite logique des choses et je le regrette... Mais que peut-on bien faire ?

 
 
 

 Jolie colombe, symbole de paix,

C'est tout ce que la Plume d'Ys espère...

 

Voici de Villepin qui rentre dans la danse, il se met plus ou moins sur les rangs de la future présidentielle. Il se souvient lui, de la bonne claque, celle du CPE quand il était premier ministre... Et d'annoncer que la Révolution gronde... Et les corbeaux de croasser que c'est un irresponsable, qu'il met de l'huile sur le feu et que tout ça, ça va être bientôt de sa faute.

D'abord, on n'a pas attendu de Villepin pour s'apercevoir de la tension qui monte hein ! On n'a pas besoin d'avoir fait l'ENA pour ça.. A moins que ce ne soit pour lui une révélation soudaine tant le monde dans lequel il vit est privilégié et à l'abri (du moins jusqu'à présent) de toutes les contrariétés que subit le "bas peuple"...

Ensuite, rien ne les étouffe au gouvernement, c'est quand même eux qui sont en première ligne de cet état de fait... Quand on méprise le peuple, quand on le rend illégitime parce que l'on pousse de facto, l'action populaire à tomber sous le coup de la loi, il ne faut pas s'étonner non plus que la révolte gronde... La crise a bon dos, si elle agit comme un accélérateur d'incendie, ce n'est pas elle qui a mis particulièrement le feu aux poudres. Elle n'a fait que révéler les dysfonctionnements de cette économie ultra-libérale qui sévit depuis une trentaine d'années...

 

La Plume d'Ys n'oublie pas le porte-bonheur

On va en avoir besoin, et pas seulement pour 2009....

 

 Les auteurs de science-fiction avaient proposé deux visions opposées du XXIe siècle : soit l'An 2000 annonçait la fin du monde, soit il annonçait un monde différent où la sagesse aurait eu alors gain de cause sur toute la planète afin de donner une chance de survie à l'Humanité. Une obligation de devenir "sage" en quelque sorte parce que l'on ne devait pas être aussi stupide que nos prédécesseurs ou du moins, notre instinct de survie nous aurait poussé alors à agir dans le bon sens.

Il semble que le XXIe siècle nous propose une autre voie : ni fin du monde immédiate, ni prise de conscience particulière pour autant. Ceux qui ont pris conscience des enjeux n'ont aucun pouvoir, ce sont des fourmis. Ceux qui ont le pouvoir ont de toute manière, au moins à moyen terme, leur survie d'assurée, parce qu'avec l'argent, ils pourront se protéger dans des cités uniquement dédiées aux riches (c'est déjà plus ou moins le cas aux USA), ils pourront s'offrir des espaces de verdure protégés, la meilleure médecine, etc.

Les autres crèveront d'autant plus vite que les conditions de vie vont se dégrader pour la majorité (pollution, médecine à deux vitesses, nourriture de piètre qualité ou pénurie de nourriture, pénurie d'eau potable, réfugiés climatiques, guerres, véritables pandémies, de celles qui font des milliers de morts déjà aujourd'hui et dont on ne parle pas, etc. ), mais l'on sait déjà que nos privilégiés s'en foutent (c'est pas nouveau), du moment qu'il restera assez de larbins pour travailler dans leurs entreprises et pour les servir...

Il nous reste l'idée vengeresse de se dire que l'on peut au moins leur faire un peu peur, pas forcément en étant violent, la violence rabaisse notre part d'humanité... Mais souvenez-vous du mouvement des camionneurs... Je veux dire par là, que si la séquestration, la désobéissance citoyenne peuvent avoir un impact sur un point relativement précis et sur un temps donné, c'est la paralysie complète qui pourra faire plier les pouvoirs. Car nous oublions trop souvent que, sans la production des salariés, un pays n'est rien. Bien sûr, c'est une grave décision, car elle est très dure dans ses conséquences et tout le monde souffrira.

Bien plus que de lancer des pavés ou de se battre avec les CRS, acceptons de rester chez nous, de ne plus aller travailler, ne nous battons plus pendant des manifestations devenues inutiles malgré leur ampleur. Devenons des spécialistes du maquis urbain, reprenons les tactiques de la Résistance, bloquons les routes et les frontières, arrêtons la production, assiégeons les palaces et les villas opulentes et garantissons à chacun des passages de "nos seigneuries" une haie de déshonneur à leur intention avec des huées de reproches et d'accusations dont ils ont à répondre. Touchons les véritables responsables et faisons de leur vie un enfer comme la nôtre. La violence ne sert à rien, l'unité et la détermination d'un peuple par contre...

Pas besoin de son parapluie aujourd'hui !

il servira donc de panier à muguets...

La Plume d'Ys vous souhaite un bon premier mai en famille à humer les jolies clochettes, à profiter simplement du temps qui passe. Les luttes ne font que commencer, soyez forts, courageux, ne vous trahissez jamais, respectez vos convictions et gardez précieusement votre capacité à être heureux dans votre jardin secret, au plus profond de votre coeur. Ne perdez pas espoir !

 

 

BON 1er MAI

Ys.  

 

 


20/05/2009
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