Grève du 29 janvier 2009

 
GREVE GENERALE 
DU 29 JANVIER 2009 
 
 
 

La Plume d'Ys s'associe à la grève générale qui aura lieu le 29 janvier 2009. Tous les syndicats appellent à la grève et je suis particulièrement frappée du mutisme médiatique à ce propos... A l'heure, de l'aveu même des journalistes, où un simple coup de fil peut faire ou défaire une carrière dans les médias, on peut comprendre leur frilosité !

Bien sûr, certains objecteront qu'il s'agit d'une énième grève qui pénaliserait à nouveau plus l'usager que les pouvoirs en place. Pourtant, je voudrais vous convaincre que, s'il existe une grève à ne pas bouder, c'est bien celle-là.

Je vous donne mon opinion pour ce qu'elle est bien sûr, et vous jugerez.

Depuis un certain temps, d'un sujet ou d'un autre, je mets en garde sur un problème bien plus général, celui de la démocratie qui a bien du plomb dans l'aile et que je considère désormais comme en danger.

En fait, la démocratie est en danger, dans ce contexte de crise globale économique mais aussi sociétale parce que l'opposition n'a pas fait son travail et qu'aujourd'hui, après la Comedia del Arte à l'assemblée nationale dont nous avons été témoins, il est clair que le jeu de propositions et d'élaborations des lois ne fonctionnent plus.

Les têtes pensantes politiques boudent d'ailleurs le travail parlementaire (celui, pourtant, pour lequel ils sont payés) au profit de différentes pantalonnades médiatiques dont le but est plus carriériste que soucieux du bien de tous...

Le mépris affiché de Nicolas Sarkozy quant à la pluralité, la médiation et la mise en oeuvre d'un projet en cohésion sociale a achevé le travail. Pour lui, de ces propres mots, la grève n'est plus un canal d'expression dont il tient compte, et les débats parlementaires non plus puisque l'on ne débat plus à l'assemblée. Autant la dissoudre d'ailleurs... car l'on peut se poser la question, aujourd'hui, de sa véritable utilité...

La grève du 29 janvier 2009 n'est pas conçue pour être reconductible. Elle dépasse les particularismes et a surtout pour but d'être une plate-forme ultime permettant un nouveau fondement, légitimé par la rue cette fois-ci, d'une opposition que l'on doit  remettre impérativement en selle dans un cadre qui soit encore légal.

Il est clair que le peuple français n'a plus confiance en ses élus. Il s'agit aussi d'une grave crise politique où le rouage de la représentation nationale est entaché de la défiance citoyenne. Les politiques apparaissent désormais comme une caste agissant pour son bien propre, éloignés de la réalité quotidienne de ceux qui pourtant ont voté pour eux par résignation puisque la machine des partis politiques en France garrotte proprement l'ascension de tout sang neuf.

Le phénomène "Obama" c'est-à-dire l'ascension en moins de 6 ans d'un homme jeune et totalement inconnu est IMPOSSIBLE en France : pour avoir une chance d'être éligible à un poste de député ou autre, un français aussi doué soit-il, ne peut se sortir d'un parcours politique long, corrompu, aux méthodes arrivistes. Au final, nous avons ces politiques français qui n'en finissent pas de durer, de retourner leur veste un nombre incalculable de fois, sans compter les affaires pas très jolies où ils sont cités (Chirac, Juppé, Mittérand, Giscard d'Estaing, etc.), les auto-amnisties, les affaires classées sans suite, etc...

L'élection de Sarkozy est d'ailleurs bien le résultat direct de ce phénomène. Je crois qu'il a été élu, pas particulièrement sur son programme politique, mais plutôt parce qu'il donnait une image nouvelle de quelqu'un hors cadre  habituel..

Hélas, hélas pour nous, si les réformes étaient certes nécessaires, celui qui les met en place est psychologiquement fragile, soucieux du particulier plutôt que du général, limité spirituellement, aveuglé par ses délires de faire l'histoire (tout comme Mittérand d'ailleurs) et qui, surtout, se révèle exactement aussi insipide que les autres : seule son image médiatique est une rupture avec le passé. Autant dire rien.

La multiplication des réformes, mal conçues, peu ou pas négociées, précipitées, particulièrement injustes au point qu'elles remettent au goût du jour une VERITABLE LUTTE DE CLASSES, achèvent de parfaire un paysage politique où nous avons définitivement l'impression que nous n'y pouvons plus rien...

Croyez-vous que Darcos a retardé sa loi pour mieux la négocier, comme il semble nous le faire croire ? Le mépris auquel il a habitué ses interlocuteurs ne nous incite pas dans ce sens... Mais le mouvement lycéen ajouté à la grogne sociale dont les indicateurs sont en rouge depuis longtemps a fait PEUR à ce gouvernement pourtant si hâbleur d'ordinaire... Voilà pourquoi, cette réforme des lycées est retardée, pas pour la réforme en elle-même mais bien pour des considérations de sécurité...

Dans les sondages, la montée de la violence des propos est symptomatique : quand on demande aux salariés ce qu'ils feront s'ils sont licenciés, beaucoup répondent qu'ils n'hésiteront pas à mettre le feu à leur usine, à retenir des otages, etc. Quand on n'a plus rien à perdre....

Si l'on échouait le 29 janvier, grève ultime, il n'y aurait plus de passerelle entre le pouvoir et l'opinion publique. Il reste la négation systématique au moyen des votes des différentes élections, négation adressée systématiquement à Sarkozy et à son gouvernement et non plus une réponse citoyenne dédiée à la bonne marche de la démocratie locale ou nationale... Mais le peuple se contentera-t-il uniquement d'un blocus dans les urnes. Attendra-t-il aussi longtemps ? Le danger, si ce mécontentement public continuait à être nié, est un véritable débordement populaire de la rue, encadré par personne.....

"Si elle est massive, et tend vers la Grève Générale, cela prouvera aux syndicats, qui doivent se retrouver le 2 février, que, maintenant, le rapport de force avec ceux qui gouvernent peut-être payant, voire décisif..."

op.cite : http://www.29janvier2009.fr/

Je ne saurais mieux m'exprimer...

 

Il me paraît donc utile d'aller manifester dans les rangs de votre ville avec les mouvements qui vous conviendront le mieux en fonction de vos convictions politiques ou en soutien avec les associations apolitiques à but non lucratif qui vont également rejoindre les cortèges, comme celles soutenant les handicapés ou autres...

Par delà l'aspect politique du pour ou contre Sarkozy, montrons que nous voulons reprendre en main nos vies citoyennes et que les bouleversements de cette société nous concernent, que l'on doit désormais compter avec nous et non pas contre nous. L'heure est grave, jamais sans doute, autant d'enjeux se posent à l'humanité toute entière, mondialisation oblige...

Que vous soyez jeunes ou vieux, actifs, retraités, travailleurs ou chômeurs, en pleine santé ou malade, vous êtes, nous sommes tous concernés par l'avenir de notre pays ET LA SAUVEGARDE DE NOTRE DEMOCRATIE.

Ecrivons la partition ensemble et profitons de cette grève pour marquer nos inquiétudes, dans un environnement encore pour l'instant encadré et légal...

Heuh, mettez quand même des baskets (pour courir) et un bon truc contre les gaz lacrymogènes : apportez vos lunettes de piscine (ça marche ! foi d'insurgée !!!)

Pour ma part, j'ai des bonnes paires de tennis, des Nike sauvages !!!  

Ys 



Article ajouté le 2009-02-14 , consulté 59 fois

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